Projets / En cours / PEPS | Mieux protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle en Belgique et en France

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Crédits: photo libre de droit, Pexels (Magwood)

Le projet PEPS – Projet conjoint pour l’élimination de l’exploitation sexuelle des mineurs et la prévention, la détection et la prise en charge des victimes – vise à renforcer la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle en Belgique et en France, en réponse aux constats alarmants des professionnel·les de terrain. Via une approche pluridisciplinaire, il unit professionnel·les et jeunes pour renforcer les capacités de détection et de prise en charge des professionnel·les en contact avec des jeunes potentiellement victimes, tout en s’appuyant sur leur expertise pour influencer les politiques publiques aux niveaux belges, français et européen.

Le problème

L’exploitation sexuelle des enfants est une forme de violence taboue, sous-identifiée et traitée de manière fragmentée, en "silos", sans approche coordonnée par les différents secteurs : aide à la jeunesse, police, santé, justice…

Les constats de terrain sont alarmants :

  • En Belgique francophone (source : Panorama de la situation des mineur·es victimes d’exploitation sexuelle en Fédération Wallonie Bruxelles, 2023)
    • Les victimes sont de plus en plus jeunes, le plus souvent de 12 à 16 ans, parfois moins.
    • Plus de la moitié (55 %) des 228 signalements d'« exploitation sexuelle de mineurs dans la prostitution » reçus par Child Focus entre 2022 et 2024 concernaient des jeunes qui, au moment de l'exploitation sexuelle, séjournaient dans un établissement de l'Aide à la jeunesse. (source: Myria)
    • Beaucoup d’enfants sont exploités sexuellement sans s’en rendre compte et le font pour pouvoir manger, se loger…
    • Le phénomène est en augmentation mais les statistiques officielles sont incomplètes et bien inférieures à la réalité constatée par les professionnel·les de terrain.
    • Bien que près d’un professionnel·les sur 2 (48%) y soient confronté·es, seul·es un tiers (32 %) se sentent capables de l’identifier.
    • Les nouvelles technologies et la crise du Covid ont empiré le phénomène, qui en est d’autant plus invisibilisé.
  • En France (source : rapport d’activités 2024, centre Koutcha)
    • Les demandes de placement pour des enfants victimes de traite ont augmenté de 57 % entre 2022 et 2023
    • L’exploitation sexuelle concerne 71 % des jeunes orientés vers les structures spécialisées
    • L’âge moyen des victimes est descendu à 14,1 ans (contre 15,4 ans en 2022)
    • L'exploitation est majoritairement le fait de réseaux locaux impliquant souvent d'autres enfants
    • Dans 25 % des cas, l'exploitation sexuelle s'accompagne d'une contrainte à commettre des délits
    • Dans la majorité des cas, les jeunes en situation d’exploitation sexuelle sont connus des services d’aide et de protection de la jeunesse :
      • 53% sont hébergés dans des établissements de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE)
      • 23,3% dans des établissements de la Protection judiciaire de la jeunesse (PPJ)

« Il faut prouver qu’on est victime d’exploitation, en réussissant à prouver qu’il y a un profit anormal mais ce n’est pas évident, parce que ce sont des choses abstraites, pas concrètes, la loi reste trop floue là-dessus. » - travailleuse d’association - Panorama de la situation des mineur·es victimes d’exploitation sexuelle en Fédération Wallonie Bruxelles, 2023

« On n’est jamais assez outillé·es. La formation continue est essentielle, ainsi qu’une bonne connaissance des acteur·ices clés. » - service institutionnel - Panorama de la situation des mineur·es victimes d’exploitation sexuelle en Fédération Wallonie Bruxelles, 2023

L’importance des mots

Une attention particulière sera portée au choix des mots : adopter une sémantique partagée entre les travailleurs·travailleuses de terrain et les jeunes est essentiel pour garantir une compréhension mutuelle, instaurer un climat de confiance et intervenir de manière réellement efficace. C'est la réalité dont nous informent les travailleurs·travailleuses de première ligne et à laquelle nous seront attentifs·ves.

Notre réponse

Unir les forces pour un bouclier commun

Le projet vise à renforcer les systèmes de protection de l’enfance en Belgique et en France face à l’exploitation sexuelle. Pour sortir d'une gestion fragmentée, PEPS crée des passerelles durables entre les professionnel·les de secteurs qui communiquent encore trop peu : la justice, la police, l'aide à la jeunesse et la santé. Il mise sur l’intelligence collective et le partage de bonnes pratiques pour construire, ensemble, des réponses de terrain plus rapides et mieux coordonnées.

L’importance d’écouter les enfants

Parce que les solutions ne peuvent se construire sans les premier·es concerné·es, PEPS place les enfants au cœur de son action. Nous les reconnaissons comme détenteurs de droits et nous valorisons leur expertise pour créer des outils de prévention qui reflètent leur façon de voir le monde.

Un changement structurel au-delà des frontières

Le projet ambitionne d'amorcer un changement structurel profond dans nos institutions. En unissant les expertises belges et françaises, PEPS aspire à devenir une source d’inspiration pour l'ensemble des pays européens, posant les bases d'un modèle de protection intégré et reproductible à l'échelle de l’Union européenne.

Activités

  • Unir les forces, faire des ponts entre les secteurs : nous organisons 3 rencontres intersectorielles nationales et transfrontalières. En réunissant des expert·es de la police, de la justice, de la santé et de l’aide à la jeunesse, nous brisons l’isolement des services pour construire des recommandations communes fortes, destinées aux décideurs·euses politiques belges, français et européens
  • Renforcer l’expertise : nous formons 180 professionnel·les de première ligne pour affiner leur capacité à détecter les premiers signes d’exploitation sexuelle. Pour garantir la pérennité, nous produisons un guide de formation réplicable et un livret pratique permettant à chaque participant·e de devenir, à son tour, un relais de formation pour ses collègues.
  • Écouter et prévenir
    • En Belgique, nous animons des ateliers interactifs pour 200 enfants de 13 à 17 ans accueillis en institution, afin de les aider à identifier les situations à risque et à connaître leurs droits.
    • En France, un groupe de 15 enfants co-crée un outil de prévention numérique pour parler directement à ses pairs.
  • Nous visons également à sensibiliser 200 professionnel·les supplémentaires pour que nos outils circulent partout où les enfants en ont besoin
    Faire bouger les lignes : nous portons la voix du terrain et des enfants lors de 7 événements de plaidoyer stratégiques et d'un événement final à Bruxelles. Notre but : transformer les leçons apprises en politiques de protection de l'enfance plus efficaces et coordonnées à l’échelle européenne

Les outils

🤝🏻 3 rencontres intersectorielles et un rapport des enseignements croisés

📦 Une boite à outils (guide + livret) pour permettre aux professionnel·les d’apprendre à repérer les signes d'exploitation, adopter les bons réflexes de signalement et transmettre ces compétences à ses propres collègues

🎤 Un outil de sensibilisation "par et pour les jeunes" : un support numérique entièrement conçu par un groupe de 15 jeunes pour parler directement à leurs pairs

Un manifeste pour le changement politique : une synthèse de propositions concrètes adressée aux gouvernements belge, français et aux institutions européennes pour faire évoluer les lois et renforcer durablement la protection de l'enfance

🎯 Un événement final : l'organisation d'une rencontre majeure à Bruxelles réunissant professionnel·les, jeunes et décideurs politiques pour partager les résultats du projet et assurer que les outils créés continuent de vivre après la fin du projet

(cette section est mise à jour au fur et à mesure du projet)


  • Personne de contact: Adrien Cornu - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Bailleurs:  

Ce projet est co-financé par L'Union Européenne

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Les points de vue et les opinions exprimés sont toutefois ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l'Union européenne ou de la Commission européenne . Ni l'Union européenne ni l'autorité de subvention ne peuvent en être tenues pour responsables.

Coordonné par DEI/ECPAT Belgique : section belge de l’ONG Défense des Enfants International. Issue de la fusion de DEI Belgique et ECPAT Belgique, elle lutte contre toutes les formes de violence envers les enfants et protège et promeut leurs droits.

Partenaires

  • En Belgique
    • Samilia : ONG luttant contre la traite des êtres humains (exploitation sexuelle, économique, mendicité forcée). Elle agit principalement par la prévention, la sensibilisation du public et le plaidoyer politique.
    • Esperanto : refuge spécialisé pour les enfants victimes de traite des êtres humains, ouvert 24 heures/24, 7jours/7
    • L’Administration générale de l’Aide à la jeunesse (AGAJ) est l'organe de la Fédération Wallonie-Bruxelles responsable de la protection et de l'aide aux enfants (0-18 ans) en difficulté ou en danger. Elle propose un accompagnement personnalisé, des actions de prévention, et gère le placement ou l'aide en milieu ouvert via des services agréés.
    • Le Service de politique criminelle: un organe de soutien stratégique intégré au Service Public Fédéral Justice de Belgique dont le rôle principal est d'appuyer le Ministre de la Justice et les autorités judiciaires dans la définition et la mise en œuvre de la politique de lutte contre la criminalité.

L’AGAJ et le Service de politique criminelle du SPF Justice sont impliqués en tant que partenaires institutionnels belges. Leur participation assure une meilleure articulation avec les politiques publiques et les dispositifs de signalement, et permet d’impliquer directement les services de protection de l’enfance, de la justice et de l’aide à la jeunesse.

  • En France
    • ECPAT 360: ONG luttant contre l'exploitation sexuelle des enfants en ligne et hors ligne. Membre du réseau international ECPAT, elle agit via le plaidoyer, la prévention, la formation et l'aide aux victimes, avec un focus sur la traite des enfants
    • Koutcha : association sœur d’Esperanto, centre expérimental destiné aux enfants victimes de traite des êtres humains, ouvert 24 heures/24, 7 jours/7
    • Mission Interministérielle pour la Protection des Femmes contre les Violences et la Lutte contre la Traite (MIPROF): organisme français placé sous l'autorité du ministère des Droits des femmes. Il pilote la politique nationale de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et la traite, en coordonnant la formation des professionnel·les, l'analyse des données et la protection des victimes.

La MIPROF joue un rôle similaire à celui de l’AGAJ et du Service de politique criminelle du SPF Justice pour la France.


Depuis 2024, DEI-Belgique et ECPAT-Belgique ont fusionné pour unir leurs forces pour protéger les enfants contre l’exploitation sexuelle. ECPAT International est le plus grand réseau d’influence au monde entièrement dédié à la fin de l’exploitation sexuelle des enfants, avec 135 organisations de la société civile membres dans 111 pays. Plus d’informations à ce sujet